Accident Gorges du Verdon : Benjamin Guigonnet et Quentin Lombard, guides de l’ENSA, décédés dans une collision
Benjamin Guigonnet et Quentin Lombard sont morts dans une collision dans les Gorges du Verdon.
- Collision frontale survenue jeudi 18 septembre vers 23 heures.
- Les deux victimes étaient guides de haute montagne et formateurs à l’ENSA de Chamonix.
- Benjamin Guigonnet, 37 ans, diplômé guide en 2011, conseiller technique Simond.
- Quentin Lombard, 34 ans, était professeur-guide à l’ENSA.
- Le choc s’ajoute au décès de Christophe Jacquemoud, trois piliers perdus en une semaine.
Profil des victimes : guides de haute montagne et formateurs à l’ENSA
Les deux hommes qui ont perdu la vie dans cette collision sont des figures bien connues de l’alpinisme français. Tous deux exerçaient comme guides de haute montagne et formateurs à l’ENSA (École Nationale de Ski et d’Alpinisme) de Chamonix, un établissement de référence mondiale pour la formation des professionnels de la montagne.
- Benjamin Guigonnet : 37 ans, guide de haute montagne diplômé en 2011.
- Quentin Lombard : 34 ans, professeur-guide à l’ENSA.
- Lieu de résidence : Benjamin Guigonnet était originaire de Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes.
- Canyonisme : Benjamin Guigonnet détenait le DEJEPS canyonisme, obtenu en 2023.
- Rôle conseil : Benjamin Guigonnet officiait comme conseiller technique pour la marque Simond.
Passionnés et expérimentés, ils incarnaient une nouvelle génération de guides, alliant pratique de haut niveau et goût pour la transmission. Leur double casquette de guides et de formateurs les amenait régulièrement à encadrer les élèves guides de l’ENSA, partageant leur expertise des terrains alpins et des canyons, à l’image de grimpeurs de haut niveau comme Marc Le Menestrel qui allient performance sportive et carrière académique. Leur présence dans les Gorges du Verdon, un site majeur pour la pratique du canyonisme, rappelle que ces professionnels sillonnaient l’Hexagone pour leur travail et leurs expéditions. C’est sur la route qui longe ce massif qu’ils ont trouvé la mort, laissant derrière eux une communauté de la montagne orpheline de deux de ses membres les plus prometteurs.
Circonstances de l’accident dans les Gorges du Verdon

Le drame s’est produit sur la route des Gorges du Verdon, dans les Alpes-de-Haute-Provence. La collision a eu lieu jeudi 18 septembre vers 23 heures, alors que les deux hommes circulaient à bord d’un véhicule léger.
L’École Nationale de Ski et d’Alpinisme (ENSA) a annoncé leur décès le lendemain, vendredi 19 septembre. Les circonstances exactes de la collision, qui a impliqué un autre véhicule selon les premiers éléments, n’ont pas été précisées dans l’immédiat par les autorités.
Alertés sur place, les secours n’ont pas pu réanimer Benjamin Guigonnet et Quentin Lombard, tous deux âgés de 37 ans et de 34 ans. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de cette collision frontale sur cet axe touristique sinueux et réputé dangereux de nuit.
L’ENSA de Chamonix en deuil : une communauté sous le choc
L’École Nationale de Ski et d’Alpinisme (ENSA) de Chamonix est plongée dans une profonde tristesse. La disparition brutale de deux de ses professeurs-guides, en l’espace de quelques jours, laisse un vide immense au sein de l’établissement qui forme l’élite de la montagne française.
Le choc est d’autant plus violent que cette perte s’ajoute à celle de Christophe Jacquemoud, décédé quelques jours plus tôt dans le massif du Mont-Blanc. En une semaine, l’école perd trois de ses piliers, des hommes dévoués à la transmission du métier et à l’encadrement des futures générations de guides.
Dans un communiqué officiel, l’ENSA exprime une « douleur incommensurable » et souligne l’immensité du traumatisme ressenti par les collègues, les élèves et l’ensemble du personnel, témoignant de l’empreinte laissée par ces accompagnateurs passionnés.
Hommages et réactions de la communauté montagne aux deux guides
À l’annonce du drame, la communauté montagne a exprimé une douleur incommensurable. Dans son communiqué officiel, l’ENSA a salué la mémoire de deux hommes décrits comme des guides exemplaires, évoquant leur « force tranquille » et leur passion sincère pour la transmission du métier.
Les hommages soulignent la qualité des deux alpinistes. L’émotion est d’autant plus vive que les témoignages décrivent des compagnons formidables, des professionnels dévoués et des pédagogues appréciés de tous. RIP Benjamin Guigonnet et Quentin Lombard : les messages de soutien affluent de toute la vallée de Chamonix et bien au-delà, marquant des figures respectées de la discipline.
Benjamin Guigonnet : le Piolet d’Or et le Gang des Moustaches
Derrière le formateur attentionné se cachait un alpiniste de très haut niveau, récompensé par la plus prestigieuse distinction du monde de l’altitude : le Piolet d’Or. Retour sur le parcours exceptionnel de Benjamin Guigonnet, dont l’ombre tutoie les sommets.
Une récompense internationale partagée avec le « Gang des moustaches »
En 2018, Benjamin Guigonnet reçoit le Piolet d’Or, souvent comparé à un « Oscar de l’alpinisme ». Il partage cet honneur avec ses compagnons de cordée, Hélias Millerioux et Frédéric Degoulet. Ensemble, ce trio formait une équipe soudée, connue dans le milieu sous le surnom affectueux du « Gang des moustaches », en référence à leur style et à leur franc-parler.
Cette récompense couronne une performance réalisée un an plus tôt : la première ascension d’un nouvel itinéraire au Nuptse, un sommet de l’Himalaya culminant à près de 7 800 mètres, voisin de l’Everest. Une ouverture audacieuse qui a marqué les esprits par sa technicité et son engagement.
Un palmarès au service de la transmission
Fort de ce palmarès, Benjamin Guigonnet avait fait de la transmission son cheval de bataille. Guide de haute montagne depuis 2011, il mettait son expérience au service des futurs professionnels. L’obtention de son DEJEPS canyonisme en 2023 témoignait de sa volonté d’élargir ses compétences pour mieux encadrer et former les nouvelles générations aux pratiques variées de la montagne.
Son engagement ne s’arrêtait pas aux portes de l’école. En tant que conseiller technique pour la marque Simond, il participait aussi au développement d’équipements, alliant sa connaissance du terrain à l’innovation technique pour le plus grand nombre.
Quentin Lombard, Christophe Jacquemoud : une semaine tragique pour l’alpinisme français
| Victime | Âge | Circonstances | Date |
|---|---|---|---|
| Benjamin Guigonnet | 37 ans | Collision routière aux Gorges du Verdon | 18 septembre |
| Quentin Lombard | 34 ans | Collision routière aux Gorges du Verdon | 18 septembre |
| Christophe Jacquemoud | Chute mortelle en rappel au massif du Mont-Blanc | 12 septembre |
L’École Nationale de Ski et d’Alpinisme traverse une période particulièrement sombre avec la perte de trois professeurs-guides en l’espace de sept jours seulement. Après la disparition de Christophe Jacquemoud, mort en rappel sur le pilier Cordier aux Grands Charmoz lors d’une mission de rééquipement devant ses compagnons, le choc de l’accident des Gorges du Verdon est venu alourdir un deuil déjà considérable.
Cette succession tragique marque durablement la communauté de l’alpinisme français, qui perd en quelques jours trois figures majeures de la transmission du métier. Les témoignages de tristesse affluent depuis les vallées de Chamonix et de Saint-Gervais, où ces guides étaient particulièrement appréciés pour leur pédagogie et leur engagement auprès des jeunes générations de pratiquants.
Au-delà des parcours individuels, c’est toute une conception de l’enseignement de la montagne qui est mise à l’épreuve : l’ENSA, référence mondiale dans la formation des guides de haute montagne, voit trois de ses piliers disparaître brutalement, laissant élèves et collègues dans une profonde affliction.
Quentin Lombard : un alpiniste accompli, figure de la transmission
Ce drame s’ajoute à une série d’accidents mortels dans les gorges du Verdon, rappelant la dangerosité de ce site pourtant prisé des pratiquants.
Quentin Lombard, âgé de 34 ans, incarnait l’excellence de l’alpinisme français. Membre de la Compagnie des guides de Chamonix et professeur-guide à l’ENSA, il était reconnu pour son talent et son humilité.
Comme Benjamin Guigonnet, il avait fait de la transmission du métier son cœur de métier, formant les futures générations de guides. Sa disparition brutale laisse un vide immense au sein de l’école et de toute la vallée de Chamonix.
